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LES ANGE CELESTE 2 ET *V

 

 

 

 

LES ANGE  PARTIE  DEUX

Enfin, les anges portent au ciel un autre parfum encore bien agréable à Dieu : c'est le parfum de la souffrance,

de la douleur endurée avec patience et résignation. Écoutons, c'est encore l'admirable Bossuet qui parle :

"Mon cher frère, ma chère sœur, je veux te le dire pour te consoler : quand tu souffres si cruellement ou dans ton corps

ou dans ton cœur, il y a un ange près de toi qui tient compte de ta souffrance, qui regarde tes douleurs avec respect,

avec jalousie, comme de sacrés caractères qui te rendent semblable à un Dieu souffrant.

Oui, avec une sorte de jalousie ; car ce corps, qui nous accable de maux, nous donne pourtant cet avantage au-dessus des anges,

de pouvoir souffrir pour l'amour de Dieu, et de représenter en nous la croix du Sauveur :

Ut vita Jesu manifestetur in carne nostrà mortali. Ces esprits immortels peuvent être compagnons de sa gloire,

ils ne peuvent l'être de ses souffrances. Oui, si la charité le permettait,

 



 



ils verraient en nous avec jalousie ces cicatrices qui brilleront comme des pierreries pendant toutes les éternités.

Mais enfin, ne pouvant avoir l'honneur de porter eux-mêmes la croix, d'offrir à Dieu leurs propres souffrances,

oh ! qu'ils sont heureux d'emprunter les nôtres et de se faire auprès de Dieu les messagers de ceux qui souffrent.

Voyez-les rendre compte à Dieu avec empressement de la patience et de la résignation de Job !

Comme ils sont ravis d'avoir à entretenir le Seigneur d'un juste qui souffre en bénissant avec amour la main qui le frappe."

"Mon fière, mon frère, qui que vous soyez, qui êtes oppressé par la douleur ; ma sœur, qui que vous soyez

, vierge ou femme chrétienne, accablée d'un poids d'amertume : Courage ! courage ! vos délaissements, vos alarmes,

vos douleurs cuisantes, tout cela est compté. Un ange veille à vos côtés, qui recueille tous vos soupirs et toutes vos larmes,

qui les met dans l'encensoir devant le trône de Dieu." (Mgr Pie).



 

luz angelica


Ainsi, nous nous trompons si nous croyons sur la terre, si nous croyons dans l'Église

de Jésus-Christ n'habiter que parmi des hommes. Désabusons-nous ; il y a parmi nous un peuple invisible qui nous

est uni par les liens de la plus intime charité. Nous vivons parmi les anges. Un des leurs est attaché spécialement

à notre conduite, et tous prennent part à nos intérêts.

Mais sur l'échelle mystérieuse, Jacob voyait redescendre les anges. Par eux, sans cesse, il peut y avoir des messages

du ciel à la terre : messages de lumière, messages de pardon, messages de paix, de joie, de consolation,

de courage, de force ; messages chargés de toutes grâces dont nous pouvons avoir besoin.



 




Les anges qui portent les messages de la terre au ciel et du ciel à la terre, les portent aussi d'une âme à l'autre

jusqu'aux extrémités du monde, plus rapides que l'éclair. La charité dans un cœur pur peut inspirer à l'homme les sentiments,

les désirs de l'ange pour le souverain Bien ; mais enfermé dans la prison de son corps,

il est faible, impuissant à accomplir ou à communiquer le bien ardemment souhaité. Les anges ne connaissent point d'obstacles

; ni parole, ni son, ni aucun signe ne leur est nécessaire pour exprimer leur pensée qui se transmet directement d'esprit à esprit.

Prions-les donc de suppléer à ce que nous ne pouvons faire, de parler aux âmes que nous voudrions atteindre

et de leur porter un rayon céleste de charité et de consolation.

Ce rayon céleste de charité et de consolation, ils le peuvent porter aussi, grâce à notre prière, aux âmes du purgatoire.

C'est une de leurs joies que de communiquer à ces âmes bien-aimées les indulgences, et aussi les suffrages ou satisfactions privées,





que nous pouvons réaliser sans cesse par nos prières, par nos travaux et par nos sacrifices ; et nous ne saurions concevoir

le bonheur des saints anges lorsque, au chant de l'In exitu Israël de Ægypto, ils introduisent

les âmes purifiées dans la terre promise du ciel, où elles vont voir, goûter, aimer, louer, glorifier Dieu dans des transports indicibles et sans fin.

Et cet amour des anges, si actif et si varié dans ses formes, n'agit pas à l'aventure, il suit un plan dirigé par l'amour de Dieu.

Il y a des anges députés pour la garde de chaque royaume.

A plus forte raison, Dieu charge-t-il un ange de veiller sur chaque Eglise, peut-être sur chaque ville, sur chaque communauté,

chaque famille, et dans chaque oratoire ou temple et autour de chaque tabernacle. Le moyen de croire,

lorsqu'on songe au nombre incalculable des anges, qu'un seul tabernacle puisse demeurer un instant sans être entouré

de ces adorateurs célestes ?



luz angelica


NOTRE ANGE GARDIEN

Ce qui est certain, c'est qu'il n'est pas une âme qui n'ait son ange gardien. Ainsi chacun de nous

non seulement peut être patronné par toute la cour céleste, mais il a son ange particulier. Ah !

si je pensais davantage à cette conduite admirable de la providence

; si je formais une intime alliance avec cet esprit choisi par Dieu pour être le meilleur ami de mon âme !

Il me semble que cet ange qui voit sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux, doit ressembler



 



à mon âme si je suis tel que Dieu me veu

t. Il me semble que chaque âme doit porter la ressemblance et le reflet de son ange gardien.

Il me semble que ce pur esprit, qui est notre compagnon et notre guide, doit avoir le même tempérament spirituel

que l'âme qui lui est confiée, mais l'idéal de ce tempérament tel qu'il brillera dans l'homme parfait, réformé par la résurrection glorieuse

; de sorte que ces bonnes pensées qui nous viennent de cet esprit céleste

soient le reflet et l'émanation de sa glorieuse beauté.




Et le bon ange, modèle le plus proche et le plus particulier de notre âme, est pour elle "comme le sacrement vivant,

conscient, actif, de cette Providence divine à qui rien n'échappe, parce qu'elle est l'œil d'une science infinie,

et que tout dans notre âme et dans notre vie, intéresse vivement, parce qu'elle est le regard

d'un amour qui n'a point de bornes." (Mgr Gay, Confér.).



 




Jésus-Christ disait à l'une de ses favorites : "L'union la plus intime de l'homme n'est pas avec la création matérielle,

mais avec la création angélique, parce que cette union doit durer toujours et jusque dans l'éternité.

L'union avec la créature matérielle est d'un degré beaucoup inférieur, parce que cette union

est transitoire et ne dure que dans le temps pour finir à l'entrée de l'éternité. De plus, l'union de l'ange

avec l'âme est la plus forte, parce qu'elle n'est pas une union passive, mais opérante et pleine d'activité.

Il y a communication entre l'âme des hommes et les anges, et cette communication est telle que l'homme

finit par ressembler à l'ange et prendre position avec lui." (Lataste, Livre IV).




 




Cette union morale avec notre ange gardien a son symbole dans l'union physique qu'il conserve avec nous

. L'ange a quitté le ciel, son pays natal, pour être à nos côtés. Le théâtre de son action est le lieu de sa résidence :

il est donc au-dedans et au-dehors de nous, partout où sa présence est requise pour nos besoins.

Sainte Thérèse et Catherine Emmerich le voyaient à leurs côtés ; Sainte Lidwine, dans ses voyages extatiques,

était tantôt accompagnée, tantôt précédée par son ange qui portait au front une croix de feu

, comme pour lui ôter toute crainte d'illusion.




On connaît le fait de ce pieux jeune homme promu au sacerdoce : son ange qui le précédait auparavant,

voulut dès lors lui céder le pas en témoignage de respect pour l'onction du Seigneur.

Le bon ange se place à notre droite. Celui de Ste Françoise Romaine lui était visible nuit et jour :

sans cesse à son côté droit il lui tenait fidèle compagnie, soit à la maison, soit dans ses courses à travers la ville.



 


Mais l'ange gardien réside ordinairement en nous. C'est ce que Saint Bernard conclut d'un texte de Zacharie.

Le prophète communique avec le monde surnaturel par l'entremise de son ange gardien,

et il répète jusque onze fois dans sa prophétie que l'ange parlait en lui. "Vous dites que l'ange peut habiter en nous

, dit Saint Bernard, je ne le nie pas, puisqu'il est écrit : angelus qui loquebatur in me

  mais la présence des anges en nous n'est pas la source du bien,



 


c'est une excitation à le faire." (De consid. 1. V, ch. I2). Dieu seul peut à la rigueur être l'hôte de notre âme,

seul il peut habiter physiquement dans notre âme, mais du moins les anges peuvent habiter dans notre corps.

De saints personnages, tels que V. Lefèvre et le P. Surin, ont demandé à leur ange gardien et nous pouvons comme

eux demander au nôtre, d'être en nous pour inspirer nos paroles, diriger nos actions et nos démarches,

nous aider à supporter et à sanctifier nos souffrances ou les guérir.

 

 



Une légion de démons étaient entrés dans le corps du possédé de Gadara, la contre-partie

de ce redoutable phénomène est évidemment possible, et du moins notre ange gardien peut-i

l, à notre appel, être présent à nos côtés et même en nous. Il ne nous est donc pas défendu de croire

que l'ange gardien condescendant à nos vœux, ne puisse prendre dans notre corps la place que nous souhaiterions lui voir occuper.

Quelle consolation pour un malade, par exemple, de songer qu'il peut inviter son bon ange à se fixer comme un baume

rafraîchissant sur le siège de sa douleur ! N'est-ce pas l'ange gardien d'Isaïe qui purifiait les lèvres

du prophète comme d'un charbon ardent ?






Mais le siège propre du bon ange est le milieu de notre cœur. Notre Seigneur Jésus-Christ et la très sainte

Trinité sont en notre cœur comme dans leur temple et c'est dans notre cœur, suivant le conseil de Ste Thérèse,

qu'il nous importe de nous les représenter dans les différents mystères. En quel autre endroit de notre corps

l'ange gardien serait-il plus convenablement pour rendre en notre nom ses hommages à Jésus-Christ et à la Sainte Trinité

? En quel endroit serait-il mieux à même de régler nos affections, de nous inspirer de saintes pensées, de combattre

les suggestions du démon ? "Ce n'est pas sans raison, dit le P. Tyrée, que le cœur est regardé par les théologiens

comme le siège du démon qui possède l'homme." Si l'intrus qui n'a souvent aucun droit sur l'âme,

établit son siège dans le cœur physique de l'homme, à combien plus forte raison cette place

revient-elle à l'hôte officiel, représentant des droits du Créateur sur nous-mêmes !



 

 




"L'idée de la grandeur et de la noblesse du ciel abaissée jusqu'au service de l'homme nous confond,

et nous croirions ce prodige impossible si Jésus lui-même ne l'avait affirmé par des paroles formelle

s et démontré par l'exemple de toute sa vie : Je suis venu sur la terre non pour être servi, mais pour servir.

Notre bon Ange gardien veut donc bien aussi être notre serviteur ; il est prince à la cour du Roi de l'humilité,

il est humble ; nous pouvons, sans craindre de l'offenser, solliciter en toutes choses le secours de

cet ami fidèle dont notre pauvre nature grossière, loin de rebuter la glorieuse délicatesse,

ne fait qu'exciter la plus tendre commisération." (Mgr Gay, Confér. aux Mères chrét.).

Cet ange gardien dont le caractère répond peut-être au caractère de notre âme, beaucoup d'auteurs disent qu'il répond aussi

à la vocation de chaque âme ; il y a, on peut le croire, des anges particulièrement choisis pour les âmes

qui se vouent à la vie religieuse ; à plus forte raison pour les âmes sacerdotales ;



 



à plus forte raison aussi des anges plus élevés sont-ils députés auprès des Évêques, anges visibles des Eglises,

et auprès du Souverain Pontife, ange visible de l'Eglise universelle.

On peut croire aussi que lorsque Dieu confie à une âme quelque entreprise plus difficile,

il députe auprès d'elle de nouveaux anges : le ciel en est si riche, et l'amour de Dieu est si libéral, et le zèle es anges est si ardent et si vaste !

Enfin, il est à croire que, si satan députe des anges pour développer telles passions, tels péchés,

Dieu aussi charge tel ange de telle vertu. Catherine Emmerich a-t-elle eu tort de voir, par exemple,

l'ange Raphaël se faire le guide et la force de Sainte Ursule dans le rude combat

qu'elle et ses compagnes devaient soutenir ? Il y a les anges de la pureté, les anges de la patience,

les anges de la douceur, les anges de la foi, les anges de la charité, de la paix : "qui nos in pace custodiant."




 




Les peuples et les royaumes ont leurs Anges gardiens particuliers. Le peuple d'Israël avait un Ange spécial.

"Voici que j'envoie mon Ange devant vous, dit le Seigneur dans l'Exode, afin qu'il soit votre guide,

qu'il vous protège dans le voyage et vous conduise à la terre promise." Nous savons que Daniel parle d'un Ange,

le Prince des Perses, et d'un autre, le Prince des Grecs. Selon Saint Basile chaque fidèle est sous la garde d'un ange,

mais d'autres président aux nations ; et la dignité de ces derniers surpasse autant celle des Esprits qui veillent

sur une seule âme que tout un peuple l'emporte sur un seul individu. (Advers. Eunom. III). Nous lisons dans les Actes des Apôtres

que lorsque Paul se trouvait encore en Asie, il vit pendant la nuit un Macédonien, au geste suppliant,

et lui adressant ces paroles : "Passez en Macédoine et venez à notre secours".

Ces paroles, ajoute le texte sacré, donnèrent à l'Apôtre la certitude que Dieu l'appelait en ce pays



 


. C'était l'Ange gardien de cette nation, disent les interprètes, qui lui avait apparu sous les traits

d'un homme de cette contrée, et qui l'invitait à faire entendre au peuple confié à

sa garde la bonne nouvelle de l'Evangile. (Corn. à Lapide ad v. 9. c. XVI).

Les Esprits célestes président aux Eglises et aux réunions des fidèles. C'est la tradition constante

des Pères et l'enseignement de l'Église comme on peut le voir par les cérémonies de la consécration des églises (Pontifical Romain).

A la vie, à la mort ! c'est le vœu de l'amitié humaine et son dernier terme.

Mais elle va rarement jusque là. Lors même qu'elle ne nous abandonnerait pas, sa fidélité nous devient inutile

et parfois elle trahit sans le vouloir nos plus chers intérêts. Du moins elle est toujours impuissante :

elle se voit avec stupéfaction en face d'un monde dans lequel toutes les ressources naturelles ont perdu leur action

. Mais où le rôle de l'amitié humaine finit, le rôle de l'amitié angélique semble éclater avec plus de grandeur.



 




Il y a un des plus élevés de ces bienheureux esprits dont notre ange gardien est l'auxiliaire,

à qui est spécialement dévolue la mission de nous protéger aux portes de la mort

et de nous conduire jusqu'à notre destinée éternelle. Ses fonctions multiples répondent à tous les besoins de notre âme.

Dans l'Avranchin, dit-on, quand, près d'une couche de douleurs, une mère, une épouse, une sœur,

après avoir disputé longtemps à la mort un être chéri, s'avouent enfin vaincues et laissent le mal achever

son œuvre, elles gravissent les collines d'où l'on peut apercevoir le rocher de Saint Michel, et prosternées

elles recommandent à l'Archange celui qui va partir.

L'Eglise les a devancées, elle est déjà venue dans la demeure en deuil faire entendre sa voix

: "Daignez, Seigneur, envoyer du ciel votre saint ange pour qu'il garde, conserve,


dona gelsinger



visite et défende ce malade et tous ceux qui habitent dans cette maison.

" Au dernier terme de la vie, au moment solennel de la dissolution de notre terrestre demeure, l'Église

s'incline encore sur notre lit de douleurs, telle la mère se penche vers le soir sur le berceau de son fils et l'endort d'un paisible sommeil ;

le lit de mort pour le juste est le berceau de l'immortalité. Et quels chants d'amour fait résonner celle qui peut adresser

à son Époux la parole que celui-ci adressait au Père : Je sais que vous m'exaucez toujours ? Écoutez :

Pars, âme chrétienne, au nom des Anges et des Archanges, au nom des Trônes et des Dominations, au nom

des Chérubins et des Séraphins... que Saint Michel l'accueille, cet Archange de Dieu, qui a mérité d'être le chef de la milice céleste !

Que les SS. Anges de Dieu viennent à sa rencontre et la guident à la cité de la céleste Jérusalem !


 

 




Et dès que nous aurons rendu le dernier soupir, la voix maternelle dira encore avec un accent rendu

plus vibrant par l'émotion du départ et la grandeur même de notre destinée :

 

 


"Accourez, Anges du Seigneur, recevez cette âme et présentez-la aux regards du Très-Haut. -

Que le Christ t'accueille avec amour, lui qui t'a appelée ; et que les anges te conduisent dans le sein d'Abraham." (ordo comm. anim.)

Mais la mort est diverse selon les divers états des créatures humaines qui lui paient leur tribut. Laissons l'hypothèse





trop navrante d'une âme coupable à cet instant qui suit la séparation du corps.

Sa destinée est si affreuse qu'elle n'entre pas naturellement dans notre idée, il faut une grâce pour

y croire ; et pourtant, hélas ! l'enfer sera le partage d'un grand nombre de créatures.

A cet instant solennel, le bon ange rend sans doute à l'âme maudite le suprême service d