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vedA DU FEU SACRE 8 ET *V

 

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Upanishad de la Pointe de diamant

Note préliminaire :  La pointe de diamant – métaphore de l'esprit intensément concentré et lucide – sert ici à transpercer les préjugés

solidement ancrés, qui répandent le faux savoir qu'on naît dans la caste des brahmanes par un mérite karmique accumulé au cours des

existences antérieures. C'est donc la légitimité de la notion de caste reposant sur le mérite et la valeur individuelle qui est ainsi taillée à

'emporte-pièce. Le brahmane authentique est bel et bien celui – quelle que soit sa caste d'origine, et qu'il soit même né d'un animal,

comme certains des Sages mythiques – qui a réalisé l'union avec l'Atman, car c'est ce dernier qui médite sur le Brahman, dont il partage

les caractéristiques et la nature essentielle.

 

Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité,
Ainsi que tous mes sens, se développent en force.
Toute existence est le Brahman des Upanishads.
Que jamais je ne renie Brahman, ni que Brahman me renie.
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement:
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement, en tout cas de ma part.
Puissent les vertus que proclament les Upanishads devenir miennes,
Moi qui suis dévoué à l'Atman; puissent ces vertus résider en moi.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

 

 

 

           1. Je vais révéler l'enseignement de la pointe de diamant, qui transperce l'ignorance (1), réfute les arguments de ceux qui sont

dépourvus de connaissance, et constitue l'ornement de ceux qui possèdent les yeux de la

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sagesse.

Ajnana : Ignorance; c'est le terme technique utilisé pour toute activité de la conscience

qui ne relève pas de la connaissance  de l'unité de l'Âme et du Brahman. Nescience.    

           2. Brahmanes (prêtres et enseignants spirituels), Kshatriyas (hommes politiques et législateurs),Vaishyas, (commerçants et

propriétaires terriens) et Shudras (serviteurs et agriculteurs) : telles sont les quatre castes, dont la prééminence est aux Brahmanes. C'est

ce qui est affirmé formellement par les Védas, et répété par les traités de la Tradition (Smriti). Ici, on doit se poser la question suivante : qui

donc est le brahmane, en vérité ? Est-ce l'âme incarnée (Jiva)? Est-ce le corps qui l'héberge ? Est-ce par naissance que l'on est brahmane

? Ou par la connaissance ? Ou en résultat du karma ? Ou d'actes pieux ?

 

 

           3. Voyons la première éventualité : c'est l'âme individuelle (Jiva)

qui fait le brahmane. Mais ce n'est pas le cas ! Une âme individuelle

a pris bien des corps dans le passé et en prendra d'autres dans l'avenir, selon des formes déterminées par son karma; mais l'âme est une

pour tous les innombrables corps, et sa forme est également une pour tous. Donc, ce n'est pas l'âme individuelle qui fait le brahmane.

           4. L'éventualité suivante : c'est le corps qui fait le brahmane. Ce n'est pas le cas ! Depuis les hors-castes (Chandalas) jusqu'aux

autres castes, les êtres humains ont tous le même corps, construit à partir des cinq éléments universels, dont la nature est la même p0ur

tous, assujetti à la vieillesse et à la mort, à la piété (Dharma) comme à l'impiété (Adharma), et leur égalité est visible dès le début. Un

brahmane a la peau claire, un kshatriya la peau bronzée, un vaishya la peau jaunâtre, et un shudra la peau noire ? Un tel point de vue

dénote une carence de devoir moral (Niyamas). Un homme procède pieusement à la crémation de son père, son fils entre dans les péchés

majeurs, comme commettre un brahmanacide ! Donc, ce n'est pas le corps qui fait le brahmane.

 

 

 

 

           5. L'éventualité suivante : c'est la naissance qui fait le brahmane.

Ce n'est pas le cas ! Du fait des innombrables naissances de

chaque entité vivante, on naît dans des castes différentes [d'une incarnation à l'autre]. Nombre de grands Sages eurent des origines

variées : Rishyasringa naquit d'une biche, Kaushika d'un roseau (ou d'une tige d'herbe kusha), Jambuka d'un chacal, Valmiki d'une

fourmilière, Vyasa d'une jeune pêcheuse, Gautama du flanc d'un lièvre, Vasistha de la nymphe Urvasi, Agastya d'une cruche d'eau ! Nous

tenons cela des Écritures. Tous ceux-ci ne furent pas brahmanes par naissance, mais furent établis dans cette caste par la sagesse qu'ils

avaient acquise. Donc, ce n'est pas la naissance qui fait le brahmane.

           6. L'éventualité suivante : c'est la connaissance qui fait le brahmane. Ce n'est pas le cas ! À commencer par les kshatriyas, de

nombreux êtres ont une vision claire du but ultime de la vie et possèdent la connaissance. Donc,

ce n'est pas la connaissance qui fait le brahmane.

 

 

 

 

           7. L'éventualité suivante : c'est le karma qui fait le brahmane. Ce n'est pas le cas

! Chez tous les êtres vivants, le karma est de même

nature : le karma actuel (prarabdha), le karma accumulé (sanchita) et celui qui viendra plus tard à maturité (agami); on voit ces êtres,

inspirés par leur karma spirituel, accomplir des actes vertueux. Donc, ce n'est pas le karma qui fait le brahmane.

           8. La dernière éventualité : ce sont les actes pieux (conformes au Dharma) qui font le brahmane. Ce n'est pas le cas ! À commencer

par les kshatriyas, de nombreux êtres font des dons d'argent par charité. Donc, ce ne sont pas les actes pieux qui font le brahmane.

           9. Alors qui donc est le brahmane, en vérité ? Quiconque voit le Brahman, l'Un sans second, le Non-né, qui est libre des attributs de

l’énergie universelle (Gunas) et de la nécessité de l'action, qui n'est pas touché par les six vagues de l'existence (2) ni par les six

 

 

changements (3), qui est dénué de la moindre imperfection, dont la forme est éternelle

, illimitée, emplie de connaissance et de félicité, qui

est au-delà de toute dualité, qui est le fondement de la totalité, l'âme résidant au cœur de toute créature (4), qui est omniprésent, à la fois à

l'intérieur et à l'extérieur de toute chose, tout comme l'espace éthéré (Akasha) sur lequel sont tissés la trame et la chaîne de l'univers, dont

la nature propre est une félicité éternelle, qui est inconcevable et ne peut être connu que par l'expérience intime, et qui, bien qu'invisible,

se manifeste à celui qui est parvenu à la perfection directement et aussi indéniablement qu'une noix dans sa main – oui, quiconque voit le

Brahman possède les caractéristiques suivantes : il est libre de tout désir, sans états d'âme, il s'est purifié de tous ses actes négatifs, il

est paisible, maître de lui-même et il est parvenu à l'accomplissement; il s'est libéré de l'envie, de la convoitise, et des égarements dus à

l'illusion, il a dompté l'orgueil et le sens de l'ego, et son esprit n'est plus soumis à la matière.

 

 

Les six infirmités (ou les six vagues de l'existence) : faim, soif, souffrance, illusion, vieillesse, mort. 
 

Les six changements : naissance, existence, croissance, transformation, déclin, mort.
 

Antaryamin : « le guide intérieur », le résident interne, celui qui oriente l'âme individuelle, l'Ordonnateur interne de toutes les

actions, l'Atman; l'étincelle divine qui réside au plus profond de notre être; le “témoin” dans la conscience intime. Ces notions

désignent toutes la présence du Paramatman, l'Atman suprême, au sein dujivatman,

l'individu incarné cheminant sur le sentier de l'évolution.

           Une telle personne est un authentique brahmane, en conformité aux déclarations des Écritures (Shruti), de la Tradition (Smriti),

des Puranas et des chroniques du passé (Itihasa). Sans ces caractéristiques, la perfection du statut de brahmane n'est pas réalisée. Car

c'est l'Atman, dont la nature est Existence-Conscience-Félicité absolues (Sat Chit Ananda), qui doit méditer sur le suprême Brahman, l'Un

sans second, dont la nature est pareillement Existence-Conscience-Félicité absolues (Sat Chit Ananda). Oui, il faut méditer sur le suprême

Brahman dont la nature est Existence-Conscience-Félicité absolues.

           Ainsi s'achève cette Upanishad.

 

Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité,
Ainsi que tous mes sens, se développent en force.
Toute existence est le Brahman des Upanishads.
Que jamais je ne renie Brahman, ni que Brahman me renie.
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement:
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement, en tout cas de ma part.
Puissent les vertus que proclament les Upanishads devenir miennes,
Moi qui suis dévoué à l'Atman; puissent ces vertus résider en moi.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

  Ici se termine la Vajrasuchikopanishad, appartenant au Sama Véda.     


Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise du Dr. A. G. Krishna Warrier
Publiée par The Theosophical Publishing HouseMadras