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VEDA FEU SACREE 6)partie 2E* ET *V

UPANISHADS MAJEURES    paartie 2 de  6

Mundaka Upanishad   Upanishad des "Crânes rasés"

 


             III-i-1: Deux oiseaux, compagnons inséparables et portant le même nom, sont perchés sur le même arbre. L'un d'eux mange les

fruits divers aux saveurs variées, tandis que l'autre le contemple, sans manger.

             III-i-2: Sur le même arbre, l'âme individuelle (jiva) est agrippée, pour ainsi dire

captive; et elle se lamente, accablée des soucis dus à

son impuissance. Dès lors qu'elle aperçoit son compagnon, le Seigneur adorable,

dans toute Sa gloire, elle est subitement libérée de toute souffrance.

             III-i-3: Lorsque le voyant aperçoit le Purusha – Celui qui est couleur d'or, le Créateur, le Seigneur, et la source du Soi – alors, en

vertu de son illumination, il se défait du mérite comme du démérite, devient sans souillure, et atteint à la parfaite équanimité.

             III-i-4: Ce Soi est en vérité la Force vitale qui luit à travers tous les êtres, à des degrés divers. Le connaissant, l'homme illuminé ne

rencontre plus d'occasion – dans ses communications verbales - de passer outre (1). Il s'ébat en le Soi, il prend ses délices en le Soi, et il

est totalement accaparé par son ascèse. Un tel homme est le plus éminent parmi les connaisseurs de Brahman.

1 Exprimé plus clairement : il rencontrera peu d'occasions

soit d'étaler sa connaissance intime, soit de bavarder de choses et d'autres.


             III-i-5: Le Soi brillant et pur, occulté à l'intérieur du corps, que voit le disciple à force d'efforts assidus et de combat de ses

imperfections, peut être atteint à l'aide de la vérité, de la concentration, d'une connaissance

complète et de la continence, en une pratique constante.

             III-i-6: La Vérité seule permet la victoire, mais non la fausseté. C'est la Vérité qui trace la voie appeléeDevayana (1), par laquelle le

voyant, libéré de tout désir, monte vers la demeure du trésor suprême, dont seule la Vérité libère l'accès.

Devayana : Un voyage à travers la divinité; le Sentier qui mène aux dieux.

             III-i-7: Cela est d'une grandeur absolue, radieux de Sa propre splendeur, et Sa forme est impensable. Cela est plus subtil que

l'infiniment subtil. Sa splendeur prend des éclats inépuisablement variés. Cela est bien plus lointain que l'infiniment loin, et simultanément

Cela est à portée de main, dans l'intimité de ce corps. Les êtres sensibles, qui Le connaissent, Le perçoivent siégeant dans l'intimité même

de leur corps, dans la grotte du cœur.

             III-i-8: On ne peut Le concevoir au moyen de la vue, ni des discours, ni à travers les autres sens; on ne peut L'atteindre au moyen

d'austérités ou de pratiques spécifiques. Puisque le mental se purifie à la faveur de la sagesse toute-intelligente, c'est donc par la

méditation que l'on peut contempler ce Soi, absolument homogène (indivisible).

 

 


             III-i-9: Dans la grotte du cœur, là où l'énergie vitale afflue sous ses cinq formes (1),

se trouve ce Soi subtil qu'il faut réaliser au moyen de cette Sagesse toute-intelligente, qui imprègne le mental tout entier, ainsi que les

organes d'action et ceux de perception (2), dont est dotée toute créature vivante.

Et c'est dans le mental purifié que Se révèle distinctement ce Soi.

Prana et ses 5 fonctions : - prana : l’appropriation (inspiration); - apana : l'expulsion (expiration); - vyana : la distribution

(rétention du souffle); - udana : l’émission de sons; - samana : l’assimilation. Cf. I-i-8.
 

Karmendriya : Les 5 sens (indriyas) de l’action, à savoir les organes de la voix,

de génération, d’excrétion, d’appréhension et de locomotion. 
 

Jnanendriya : Les 5 sens qui servent à connaître le monde extérieur, à savoir

les sens d’information : ouïe, toucher, vue, goût, odorat.

             III-i-10: L'homme à l'esprit pur gagne ces mondes qu'appellent ses aspirations, et ces jouissances qu'il souhaite. Aussi, si l'on

désire la félicité, faut-il se confier avec gratitude à un Connaisseur du Soi.

 

             III-ii-1: Le Connaisseur du Soi connaît cette demeure suprême de Brahman, dans laquelle se trouve l'Univers en sa totalité et qui

brille d'un éclat sacré. Les sages, en vérité, parvenus à l'état sans désirs, vouent un culte à cet être illuminé,

et transcendent ainsi la nature humaine née de la semence.

             III-ii-2: Celui qui convoite des plaisirs, alors même qu'il rumine sur les vertus, renaît dans un contexte où l'entourent ces objets de

son désir. Mais pour celui qui a vu ses vœux comblés en s'établissant en le Soi, tous les désirs s'évanouissent, même durant cette vie-ci.

             III-ii-3: Ce Soi ne s'atteint ni par l'étude, ni par l'intellect, ni par l'audition fréquente d'enseignements. Le Soi que l'aspirant

recherche peut s'atteindre par la connaissance; par elle, ce Soi qui est le sien révèle Sa propre nature.

 


             III-ii-4: Ce Soi reste hors de portée de celui qui manque de force morale, qui reste dans l'illusion, qui n'associe pas son savoir à un

mode de vie austère. Par contre, le Soi de ce connaisseur, qui mène son combat avec ces armes, entre dans la demeure de Brahman.

             III-ii-5: L'ayant atteint, les voyants demeurent satisfaits de leur connaissance, fermement établis en le Soi, libérés de tout

attachement, et ils manifestent un comportement posé. Ayant réalisé l'Unique dans son omniprésence, et Le voyant tout-pénétrant en

toute chose, ces sages qui discriminent le réel de l'irréel et sont en permanence en union contemplative, pénètrent dans la Totalité.

             III-ii-6: Ceux pour qui l'Entité dont parle le haut-savoir du Védanta (1) est devenue une réalité vérifiée, qui restent assidus dans leur

pratique et dont l'esprit a été purifié par le Yoga du renoncement (2) – tous ceux-ci, au moment suprême de leur ultime départ, s'identifient

à cette Immortalité qui culmine au-dessus de tous les mondes de Brahma (lokascf. I-ii-3), et ils sont intégralement libérés.

Védanta : Le couronnement, la fin (anta) des Védas : les Upanishads. Nom populaire du système philosophiqueUttara

Mimamsa, signifiant « la dernière investigation des Védas » puisqu’il a pour thème central les enseignements métaphysiques

des Upanishads. Ces enseignements concernent la nature et la relation des 3 principes, à savoir: (a) Brahman, le Principe

Ultime, (b) jagrat, le monde, et (c) jivatma, l’Ame individuelle; également la relation entre Paramatma, l’Âme universelle

et jivatma, l’âme individuelle.
 

2 Le premier stade est Prathyahara : rétraction des organes de perception sensoriels,

et fixation du mental sur la recherche de

l’Atman. Puis vient l'état de Sannyasin, le 4ème stade (ashrama) de la vie brahmanique, celui de l’ascète qui a renoncé à tout.

             III-ii-7: À leurs sources s'en retournent les quinze constituants du corps (1), et à leurs divinités tutélaires respectives les génies

(élémentaux) des sens. Les actions passées et l'âme sous son aspect de mental, tout se fond en le Suprême, immortel et sans déclin.

1 Les quinze constitutant du corps sont :
 

 — les 5 organes des sens (jnanendriyas) : les oreilles, la peau, les yeux, la langue et le nez;

 — les 5 organes d'action (karmendriyas) : la voix ou organe de la parole, les mains, les pieds, l'anus et le sexe;

 — les 5 souffles vitaux (pranas) : - prana : l’appropriation, l'ascension (inspiration); - apana : l’expulsion, la descente

(expiration); - vyana : la distribution et la circulation (rétention du souffle); - udana : l’émission de sons; l'assimilation des

énergies matérielles en énergies subtiles; le processus de désintégration à la mort physique; -samana : l’assimilation des

énergies subtiles transformées par udana (digestion et métabolisme de la nourriture).

             III-ii-8: De même que les rivières, descendant leur cours, ne se distinguent plus en atteignant la mer, et y perdent leur nom et leur

forme, de même l'âme illuminée, libérée du nom et de la forme (1), atteint le Purusharadieux de Sa propre splendeur,

surpassant les sommets de la très-haute Maya (cf. II-i-2 ).

 


Nama-Rupa : « le nom et la forme » - L’agrégat des noms et des formes qui constituent le Devenir dans l'univers

manifesté; nama rupa s’oppose à Sat Chit Ananda, la réalité ontologique.

             III-ii-9: Quiconque connaît ce Brahman suprême, devient lui-même Brahman. Dans sa lignée, il ne naîtra plus de non-connaisseur

de Brahman. Ayant remporté la victoire sur les souffrances, il s'élève au-dessus des égarements;

libéré des nœuds du cœur, il est parvenu à l'Immortalité.

             III-ii-10: Cette règle a été révélée par le mantra suivant : « À ceux-là seuls il est légitime de communiquer cette connaissance de b

rahman, qui se sont engagés dans une discipline sérieuse, qui sont versés en les Védas,

et – cela va sans dire – à qui Brahman inspire de la dévotion, qui sacrifient en personne et avec foi au feu appelé Ekarshi (1), et qui ont

dûment prononcé et accompli le vœu d'élever le feu au-dessus de leur tête (2). »

Ekarsi : nom d'un des feux sacrificiels dans les rites selon l'Atharva Véda, correspondant à l'ardha-matra au dessus du Om,

au monde lunaire, aux correspondances subtiles, ainsi qu'aux hymnes qui les exposent

. Ce feu ekarshi est le principal  dévorateur des offrandes.

2 Étape du sacrifice Agnihotra (cf. I-ii-3), où l'on tient la flamme sacrée au-dessus

du sahasrara chakra, le lotus aux 1000  pétales, au sommet du crâne.

             III-ii-11: Le voyant Angiras délivra cet enseignement véridique aux jours d'autrefois.

Quiconque n'a pas pris les vœux, ne doit pas en prendre connaissance. Salutations à tous les Grands Rishis (1). Salutations à Eux.


Rishis : "Voyant" - 1) Sage de l’ancien temps, à qui a été révélée la Shruti. Au nombre de 7, ils sont considérés comme les

fondateurs de l’ordre social et de la religion. Ce sont les sages Vaikhanasa, Vishvamitra, Vasistha, Angiras, Atharvan,

Atri et Atharvangiras; 2) sage qui se maintient face à la Vérité, donc toujours inspiré par la sagesse de Brahman.

 

Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice,
Ô Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les Dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra le glorieux nous bénisse !
Que Surya (le Soleil) omniscient nous bénisse !
Que Garuda, le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati nous octroie le bien-être !

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

                                                        Ici se termine la Mundakopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.